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C’était il y a 16 ans, le feriado bancario (jour férié bancaire), le plus grand hold-up de l’histoire du pays

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C’était il y a 16 ans, le feriado bancario (jour férié bancaire), le plus grand hold-up de l’histoire du pays

C’était il y a 16 ans, le feriado bancario (jour férié bancaire), le plus grand hold-up de l’histoire du pays
April 10
14:54 2015

Quito (Pichincha).- Ce que l’on nomme feriado bancario (jour férié bancaire) a eu lieu le 8 mars 1999. Ce fut l’un des chapitres de la pire crise financière du pays, dont les acteurs ont été le pouvoir politique et les banques. Les gels massifs d’avoirs et les plans de sauvetage de banques étaient une pratique du siècle passé, quand le néocapitalisme touchait le fond et que se préparait la dollarisation du pays. Le butin du plus gros hold-up du siècle et la plus grosse indemnité payée par quelque gouvernement équatorien que ce soit ont atterri dans les poches des banquiers, dont le pouvoir politique était déjà très important des années auparavant. Non seulement les banquiers faisaient partie des cabinets du gouvernement mais, en plus, dans le cas du président Jamil Mahuad, ils ont financé sa campagne.

 

Ainsi, le lundi 8 mars 1999, le superviseur des établissements bancaires de l’époque, Jorge Egas Peña, a décrété un jour férié bancaire de 24 heures, qui finalement s’est prolongé à cinq jours. Cette mesure hasardeuse et insouciante avait été prise afin de stopper les retraits massifs d’épargnes qui avaient lieu au sein d’institutions comme Filanbanco aux premières heures de la crise.

 

Le peuple, laissé dans l’incertitude et sans réponse, a été le témoin de la suspension des opérations financières quand, dans le même temps, le président Jamil Mahuad passait à la télévision et à la radio pour annoncer que les avoirs bancaires seraient bloqués pendant un an, mesure concernant les comptes affichant plus de deux millions de sucres. Le gouvernement a prétexté vouloir prévenir une hyperinflation qui déjà pointait. L’effondrement du système financier était un fait tangible et nuisible, dont le pays ne se remettrait pas en moins de dix ans.

L’engagement auprès des banques fut tel que, pour essayer de sauver les établissements bancaires, on vida les caisses de l’Etat, via des politiques d’aides qui permirent d’octroyer des subventions chiffrées en millions par l’intermédiaire d’institutions publiques.

En préambule, la Constitution Politique de 1998, à la quarante-deuxième disposition transitoire, dit mot-à-mot ce qui suit : « Jusqu’à ce que l’Etat dispose d’un arsenal légal adapté lui permettant d’affronter les crises financières, et cela pour deux ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente Constitution, la Banque Centrale de l’Equateur pourra octroyer des crédits de stabilité et de non-endettement aux institutions financières, comme notamment des crédits destinés aux personnes morales entamant une procédure de liquidation, en vertu du principe de préférence qui leur est dû »

En plus de cette disposition, à la fin de l’année 1998, le Congrès et sa majorité, composée principalement par le Parti Social-Chrétien (Partido Social Cristiano) et Démocratie Populaire (Democracia Popular), ont mis sur pied des normes et des institutions (comme l’Agence de Garantie des Dépôts, AGD), chargées de permettre à l’Etat de solutionner l’insolvabilité des établissements bancaires privés.

De même, le Congrès composé de la même majorité, a validé la proposition d’élimination de l’impôt sur le revenu et l’a remplacé par une taxe sur toutes les transactions bancaires à hauteur de 1%

Cette prescription, couplée aux retraits d’épargnes antérieurs au feriado, a aggravé progressivement le climat de méfiance des citoyens envers le système financier. Et l’effondrement a été inévitable.

Manifestations et indignation sociale furent inscrits au calendrier du reste de l’année quand, dans le même temps, l’image politique de Jamil Mahuad et celle du système dans son ensemble étaient au tapis.

A cela, il faut ajouter la conséquente baisse du budget consacré au social et la progression du coût des services, des denrées alimentaires, la montée du chômage, l’indigence, le taux de suicides, les faillites massives d’entreprises et, peut-être, le fait le plus remarquable de la crise de 1999, à savoir la considérable émigration d’équatoriennes et équatoriens, sans précédent dans l’histoire.

Le dollar a atteint à la fin de cette année un prix de vingt mille sucres. En fin de comptes, le dollar a été adopté comme système monétaire à un taux de change de un dollar pour vingt-cinq mille sucres, en janvier 2000. L’Equateur y a perdu sa monnaie, le sucre.

Les pertes économiques collatérales au feriado bancario ont atteint huit mille millions de dollars quand, dans le même temps, le pays était témoin des conséquences visibles de la relation banque-corruption-pouvoir politique, il y a à peine seize ans de cela. Il est interdit d’oublier. Plus jamais le Capital de devra primer sur l’Homme.

Aujourd’hui sera diffusé le documentaire « Crise de la mémoire, jour férié bancaire » (Crisis Memorial, Feriado Bancario) par plusieurs chaînes de télévision du pays. Sur Canal Uno à 11h00, sur Téléamazonas à 13h15, sur RTS à 14h00, sur TC à 15h00, sur Ecuavisa à 19h30, sur El Ciudadano TV à 20h30, sur Gama TV Quito à 21h15, sur Gama TV Guayaquil à 22h15 et sur Ecuador TV à 22h30. /SD El Ciudadano

Esta entrada también está disponible en: Anglais, Espagnol

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